J’ai eu ma deuxième dose de vaccin le 5 juin. J’ai morflé, comme beaucoup, mais qu’est-ce que je suis heureuse d’être vaccinée et plus détendue dans ma vie. Déjà après la première dose, les jours puis les semaines passant, j’ai senti que mon irritation envers les gens qui tiennent à porter leur masque sous le nez (voire à faire les rebelles en le gardant sous le menton) diminuait.

Bon, ce n’était pas dramatique, car je ne croisais pas souvent des gens. Au travail, c’est masque chir pour tout le monde, on est drillés, et franchement bons élèves. Dehors, c’est dehors…


Quatorze décembre, 14 juin. Six mois. Six mois que j’ai dit adieu à ma vieille boîte à ronrons. Je ne pleure plus, enfin je ne pleurais plus avant de commencer à écrire ces mots. Il me manque, mais je suis aussi tellement soulagée de ne plus vivre dans le stress constant qu’il lui arrive quelque chose, d’être libérée de la charge de me soucier de lui et de le soigner au quotidien.

Pourtant, je l’ai fait de bon coeur. Je me sens presque coupable d’apprécier autant ma liberté. Juste là, je donnerais beaucoup pour pouvoir le tenir encore quelques minutes dans mes bras, sentir sa tête contre la mienne, entendre son ronron.

Mon Quintus. 💔

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Il y a deux couches au langage. L’explicite et l’implicite. L’indice, et l’ordre. L’indice, c’est l’information que contient ce qu’on dit. L’ordre, c’est ce qui est dessous, et qui touche à la dimension relationnelle de l’acte de communication.

Quand je dis “j’ai faim”, à la surface je donne une information, mais il y a aussi une dimension qui touche ma relation avec la personne à qui je dis ça: peut-être que je lui signifie ainsi qu’elle doit faire à manger, ou m’apporter une pomme. C’est “l’ordre”.

Cet implicite, on le comprend dans le contexte de la relation à l’autre. Et…


Je remarque régulièrement que beaucoup de gens n’ont pas une “bonne” représentation, dans leur tête, de comment fonctionne la transmission du virus. Le résultat c’est une mauvaise évaluation des risques: on a trop peur des mauvaises choses et pas assez des bonnes choses. Un peu comme si, pour faire un parallèle avec le sida dans les années 80–90, on refusait de serrer la main aux gens mais on couchait sans capote.

Je vais donc essayer d’expliquer ça, de façon que j’espère compréhensible.

Le covid se transmet par voie aérienne. C’est un virus respiratoire. Ça veut dire qu’on s’infecte en le…


Tout à l’heure, je voulais écrire. Un truc précis. J’ai fait un détour par autre chose, et l’envie a filé se cacher sous un meuble.

J’ai un drôle de rapport à l’envie. L’envie de faire, donc. C’est compliqué, j’hésite à essayer d’expliquer.

Quand une envie passe j’ai tendance à vouloir me jeter dessus pour en faire quelque chose avant qu’elle s’en aille. Souvent, je n’ai pas d’envie. Envie de rien.

Et faire quand je n’ai pas envie, c’est au coeur de ma lutte. J’ai bien compris que dans la vie, il faut souvent faire même si on n’a pas envie…


Nous sommes là entre ces quatre murs, qui sont parfois huit, ou douze, ou seize. Peu importe leur nombre ils restent des murs. Entre dehors et nous, un pas à ne pas franchir. L’air m’appelle, je lui dis “bientôt”, et je reste dans mon cadre, sans dépasser des lignes. Ah, laisser courir l’aquarelle et mélanger les couleurs! Je plante une saxifrage et tourne le sablier. Nous regardons couler le temps, ensemble, dans un même regard usé, tandis que dehors la vie bat son plein et avance sans nous. …


Les pirates de Bellerive
Ont percé l’horizon
Chevauchant les nuages
De leur lagon turquoise

La tempête les fouette
Leur pavillon tient droit
Plus rien ne les arrête
Poursuivant la lumière

C’est un rêve d’enfant
Les montagnes et le vent
Un bleu tellement profond
La lueur des ténèbres

Image, emporte-moi
Crève ton cadre et jaillis
Mille éclats de soleil
Pour un instant de vie

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Dans la torpeur sèche du soleil de février
J’écoute le chant perdu de ce merle esseulé
Des insectes paresseux chatouillent le vieux matou
L’air pur de la pandémie vient bercer ma rose

Dans cet éclair qui nous dure, nos vies suspendues
Et nos liens distendus, fracas sourd en nos coeurs
Le vol de la coccinelle dans un rêve d’espace
Ouvre l’horizon d’un avenir plus serein

Originally published at Climb to the Stars.


Parfois il faut écrire pour voir ce qui vient. Il vient du vent, de la tempête ou de la pluie, parfois du soleil et les oiseaux qui chantent. La nature à travers mon être, l’odeur de la terre et la chaleur de l’herbe au milieu de l’été.

Parfois il faut écrire pour voir ce qui vient. Ça vient d’ailleurs, ou bien de moi, ce n’est pas toujours clair. Les mots s’alignent et le sens surgit, s’envole comme un oiseau qui n’est pas une hirondelle, ou parfois s’étale sur le sol comme un pot de peinture renversé.

Parfois il faut écrire…


Des mots perdus sur un clavier
Les miens
Ils cherchent un chemin
Pour dire le monde
Le fond du monde
Comme l’amour de René Char
Ils ne sont déjà plus les miens
Dans la ville numérique
Chacun peut leur parler
Je crains qu’ils ne sachent quoi répondre
Livrés à eux-mêmes
Le poids de la vie sur leurs lettres
Ma vie dans leurs espaces
Pour dire quelque chose
Quelqu’un
Quelque part
Qui sent
Autre chose
Que ce que je sens.

Originally published at Climb to the Stars.

Stephanie Booth

Anglo-Swiss. Change management and digital transformation. Taking care of old @QuintusKitty.

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